Jakob Nielsen

Utilisabilité des sites e-commerce

Cela faisait plus de 11 ans que Jakob Nielsen ne s’était pas penché sur les sites e-commerce dans ses études sur l’utilisabilité.

Utilisabilité des sites e-commerce

Appili saute donc sur l’occasion pour tirer les conclusions qui s’imposent et vous guider dans l’utilisabilité de votre site e-commerce.

Une amélioration de utilisabilité, mais…

Sur environ 500 tâches réalisées, les sites actuels répondent sans surprise bien mieux qu’à l’époque de la bulle internet, on passe en effet de 56% à 72% de taux de réussite moyen sur les tests effectués.

Une amélioration de utilisabilité, mais…

Donc la qualité des sites s’est améliorée… Mais en contrepartie l’expectation des acheteurs aussi ! Les acheteurs n’attendent pas seulement d’un site e-commerce qu’il soit possible d’y faire des achats mais aussi que l’expérience devienne agréable…

Egalement la partie recherche reste un point critique : on a beau passé de 51% à 64% de taux de succès, les utilisateurs continuent à être limités sur leurs capacités de recherche, et vont tous simplement continuer à abandonner votre site plutôt que se poser la question sur comment la recherche devrait être reformulée.

Le mauvais contenu tue la vente

Bien que la première règle de tout e-commerçant devrait être : si client ne peut pas trouver le produit, le client ne peut pas acheter le produit. Récemment le problème n’est cependant pas tant de trouver le produit que de trouver des informations sur le produit.

Le mauvais contenu tue la vente

55% des échecs de tâches d’achat proviennent d’une mauvaise information ou d’un manque d’information lié au produit (souvent exprimé par le fait que les utilisateurs souhaiteraient envoyer un mail ou appeler le site concerné.)

Partant du constat que toute sensation tactile est absente de l’achat sur internet, l’achat online devient donc une expérience liée à l’information disponible. Pensez-y, car vos visiteurs y attachent de l’importance.

Supporter différents types d’acheteurs

Pour cette étude, Jakob Nielsen a mis en place un nouveau type de test de type « journal intime ». Les personnes concernées n’ont pas de tâches attribuées mais vont acheter sur la toile en fonction de leurs propres envies en prenant des notes au fur et à mesure de leur expérience e-commerce.

Supporter différents types d’acheteurs

Dans 2 cas sur 3, les testeurs visitent des sites avec un objectif prédéterminé : dans 35% des cas, ils recherchent un type de produit spécifique et dans 27% des cas ils recherchent un produit en particulier.

Dans 1 cas sur 3, les visiteurs ne recherchent rien en particulier et consultent un site pour voir ce qu’il a à offrir ; il est à noté que la plus part de ce type de recherches sont déclenchés par une action de type e-mailing ou une tout offre promotionnelle.

4 types de comportement coexistent donc sur la toile :
- Connaissance préalable du produit
- Recherche d’un type de produit
- Chasse à la bonne affaire
- En recherche d’inspiration

Il faut également prendre en considération l’e-acheteur occasionnel : il ne connaît pas votre site et ne prévoit pas d’y revenir, mais il peut effectuer un achat car il a reçu un coupon ou car par exemple un membre de sa famille recherche un produit disponible sur ce site.

Loyauté = vente

Pour les tests n’imposant pas aux utilisateurs de devoir se rendre sur un site en particulier, 50% des utilisateurs se rendent sur un moteur de recherche, alors que les 50% restant se rendent directement sur des sites sur lesquels ils ont leurs propres habitudes. La loyauté des e-acheteurs est bien plus importante que ce que l’auteur de l’étude avait pu imaginer.

Loyauté = vente

Dans 2 cas sur 3, les utilisateurs ayant décidé de rechercher sur internet quittent le premier site sélectionné sans effectuer d’achat. Alors que dans le cas où les utilisateurs vont directement sur un de leurs sites favori, ils sont 71% à acheter sur le site.

Ce type de comportement peut bien sûr encourager les e-commerçant à agressivement pousser leurs utilisateurs à s’inscrire via des formulaires. Cependant Jakob Nielsen rappelle que les formulaires sont souvent des répulsifs et que les utilisateurs sont nombreux à se plaindre de la quantité de données à fournir sur nombre de sites.

…car il faut bien conclure

En guise de conclusion, nous pouvons nous appuyer sur cette remarque de Jakob Nielsen comme quoi 99.5% des suggestions faites il y a 11 ans par sa précédente étude sur l’e-commerce sont toujours valables, les caractéristiques liés aux cerveaux humains évoluant bien moins rapidement que les technologies. Et les 0.5% me direz-vous ? Jakob Nielsen suggérait il y a 11 ans aux e-commerçants une page d’accueil spéciale pour guider ceux qui n’avaient jamais achetés en ligne… Cette population se faisant rare, la suggestion est jetée à la poubelle.

Source
useit.com

Posté le par Florian d'Appili dans Ergonomie des sites web Commenter

Comment les utilisateurs lisent-ils sur le web ?

C’est une fausse idée de croire que les gens lisent sur le web. Les utilisateurs ne lisent chaque mot que s’ils sont vraiment intéressés par le contenu. La plupart du temps, il parcourent la page à la recherche de mots mis en valeur, de titres qui les intéressent, de paragraphes courts et de listes qui peuvent être « scannées ».

 

Donc, ne vous attendez pas à ce que vos utilisateurs lisent du contenu qui n’a pas l’air de correspondre à ce qu’ils cherchent ou qu’ils ne peuvent pas scanner du regard facilement. En conséquence, les longs blocs de texte, les instructions qui ne sont pas nécéssaires et les textes promotionnels doivent être évités.

A quel point est-ce que les gens lisent sur le web ?

  • Les tests d’étude de suivi du regard de Jakob Nielsen de 2008 indiquent que moins de 20% du contenu est effectivement lu sur une page web moyenne
  • Dans une autre étude, Nielsen a testé différentes formulations pour le texte d’un site. Pour du texte concis et scannable, les résultats en utilisabilité sont 124% meilleures
  • Lors d’une de ses étude, Gerry McGovern découvrit que seul 1 utilisateur sur 15 était capapble de localiser une information spécifique sui n’était pas mise en valeur sur une page
  • Steve Krug affirme dans « Don’t Make Me Think » que l’un des faits les plus importants sur les utilisateurs d’internet est qu’ils ne lisent pas, ils scannent

 

Dans quels cas les gens lisent-ils chaque mot ?

  • S’ils trouvent exactement les informations qu’ils cherchent, ils est plus probable qu’ils lisent chaque mot
  • Les recherches montrent que si les gens lisent quelque chose par plaisir, ils liront plus profondément et trouveront les informations avec moins d’effort, même sur un écran d’ordinateur
  • Les études montrent qu’il existent des utilisateurs « méthodiques » qui ne scannent pas, mais lisent de haut en bas
  • Les pages bien structurées pour une lecture en diagonale auront plus de chances d’être lues
Posté le par Yannick d'Appili dans Expérience utilisateur Commenter

Comparaison des principales méthodes d’évaluation de sites Web

A la suite d’articles, qui commençaient à sentir un peu la poussière (Jeffries en 1991 et Nielsen en 1994), une nouvelle étude très intéressante vient de paraître sur la comparaison entre test utilisateur et audit ergonomique.

Evaluation sites Web

Appili vous traduit l’étude en question et vous la résume même au passage afin de déterminer la meilleure méthode pour une évaluation de votre site Web.

Définition

Les méthodes les plus utilisées pour l’évaluation de sites Web sont le test utilisateur et l’audit ergonomique. Petit rappel succinct.

Le test utilisateur est une méthode plaçant un utilisateur dans l’utilisation réelle qu’il pourrait en avoir. L’utilisateur doit suivre des scénarios d’utilisation semblable à des tâches typiques d’un utilisateur.

Quant à l’audit ergonomique, il se base sur une des méthodes d’inspection de l’interface réalisées par des experts en ergonomie informatique.

Le protocole

En résumé ci-dessous, le protocol mise en place pour cette étude visant à comparer les méthodes d’évaluation de sites Web.

L’expérience est réalisée en comparant 4 sites e-commerce :
- « 2 mauvais sites » en cours de développement
- « 2 bons sites » déjà finalisés

Deux groupes distincs classés suivant la méthodologie employée :
- 12 utilisateurs non geeks (utilisations limitées d’Internet) en ce qui concerne les tests utilisateurs
- 9 évaluateurs experts diplômés en ergonomie informatique en ce qui concerne les audits ergonomiques

Audit ergonomique

Les problèmes d’utilisabilité sont regroupés en 7 catégories
- Navigation
- Compatibilité
- Contenu de l’information
- Structure du site
- Disponibilité d’outils
- Sensation visuel et ressenti
- Sécurité et confidentialité

Les résultats

Le test utilisateur donne les mêmes résultats que l’audit ergonomique, à part pour les problèmes de compatibilité et de sécurité/confidentialité où l’audit ergonomique détecte plus de problèmes.

Le test utilisateur est moins performant dans les « mauvais sites » que dans les « bons sites », alors que pour l’audit ergonomique les résultats sont similaires.

Peu de problèmes d’utilisabilité trouvés en commun (moins de 10% en moyenne), les deux méthodes détectant des problèmes différents.

Conclusion

La conclusion de l’auteur est que les deux méthodes d’évaluation de sites Web sont complémentaires et donc tous les deux nécessaires pour améliorer l’ergonomie d’un site. La raison principale évoquée étant que ces deux approches permettent de déterminer des problèmes différents.

Source

Which is a Better Method of Web Evaluation? A Comparison of User Testing and Heuristic Evaluation

Posté le par Florian d'Appili dans Tests utilisateurs 2 commentaires

5 problèmes courants sur l’ergonomie des blogs

Des titres de posts pas clair

Une règles fondamentale pour que le contenu soit lisible sur le web est de le rendre facile à scanner : s’arranger pour qu’il n’y ait pas besoin de lire le contenu pour en sortir les information les plus importantes. Les utilisateurs en effet doivent pouvoir comprendre le sujet de l’article juste par le titre. Le titre devrait donc être traité comme un micro projet de contenu : c’est le point où la valeur par mot est la plus élevée.

C’est d’autant plus important pour la syndication du contenu (par flux RSS) et pour l’apparition du contenu sur des flux RSS. Il faut donc éviter les titres amusants ou « cute » qui n’ont pas de sens en soi. Les tests d’utilisabilité montrent par exemple que sur les moteurs de recherche, seul le titre est lu par la plupart des utilisateurs – et même dans la plupart des cas, seul quelques mots du titres sont lus.

Le calendrier est la seule navigation

Le mode de navigation par défaut des blogs est souvent une navigation chronologique : soit en paginant les posts, soit par un calendrier. Il est plus facile pour un utilisateur de trouver ce qu’il cherche par des catégories. Ces catégories doivent être suffisamment descriptive pour permettre de comprendre de quoi il s’agit.

Il faut également éviter de faire rentrer tous les posts dans toutes les catégories : si on peut penser que cela peut aider pour le SEO, cela ne fait que compliquer la tâche pour les utilisateur.

Ayez une fréquence de publication régulière

Etablir et répondre aux attentes des utilisateurs est fondamental pour l’ergonomie sur le web. Pour un blog, les utilisateur doivent être capable d’anticiper la fréquence et la date des nouveau posts. Le meilleur moyen de perdre des lecteurs est de ne pas poster pendant une longue période…

Bien sûr, les bloggeurs reconnus (Maitre Eolas, par exemple) peuvent se permettre d’enfreindre cette rêgle, mais pour le commun de bloggueurs, se tenir à un calendrier est une très bonne chose. Evidemment, cela ne doit pas être une raison pour poster sans rien à dire ; pour garantir une bonne fréquence de publication, gardez des idées de coté et utilisez les quand une panne se fait sentir

Evitez les URL de services de blog

Si vous avez une adresse en .blogspot.com ou .wordpress.com, cela affiche un statut de débutant pour votre blog. Vous perdez beaucoup de crédibilité en faisant cela, surtout quand le coût d’un nom de domaine est de moins de 10 € par an.

Cet investissement vous permettra de garder une certaine crédibilité et surtout de l’indépendance : vous gardez le contrôle de votre blog, et vous évitez, le jour ou vous décidez enfin d’avoir votre propre nom de domaine, les pertes liées aux changement du nom de domaine (SEO, lecteurs…).

Mélanger les sujets

Si vous publiez sur différents sujets, il sera difficile de retenir un public à forte valeur. Les gens occupés peuvent passer lire un post qui les intéresse, mais il y a peu de chance qu’ils reviennent si le sujet qui les intéresse ne revient que sporadiquement. Les seuls qui lisent tout sont ceux qui ont trop de temps devant eux, généralement une cible démographique de moins forte valeur. Si vous voulez absolument parler sur deux sujets séparés, créez deux blogs. Rien ne vous empèchera de faire des liens de l’un à l’autre.

source : http://www.useit.com/alertbox/weblogs.html

Posté le par Yannick d'Appili dans Ergonomie des sites web 4 commentaires

Profitez des recherches sur l’utilisabilité pour améliorer la disposition de votre contenu

Cela faisait des mois que vous planchiez sur le contenu de votre site internet et le grand jour est enfin arrivé : votre site Web est en ligne.

Quelques semaines passent et il semblerait (à votre plus grand désespoir) que votre argumentaire ne soit pas lu ou mal compris. En tout cas c’est ce que semble montrer votre faible taux de conversion et/ou les tests utilisateurs que vous avez mis en place.

Profitez des recherches sur l’utilisabilité pour améliorer la disposition de votre contenu

Pas de panique : tout n’est pas perdu ! Les chercheurs en ergonomie Web viennent à votre rescousse pour que vous tiriez le meilleur de votre contenu.

Ne vous souciez pas de pages étendues à la verticale

Un des mythes les plus persistants de l’utilisabilité est la soi-disant nécessité de mettre tout son contenu dans une page sans avoir à utiliser d’ascenseur (scroll down).

Ne vous souciez pas de pages étendues à la verticale

En dehors même du fait que cette tâche soit difficilement réalisable (vu que les résolutions d’écran ne sont pas harmonisées), clicktale.com montre que la longueur de la page n’a pas d’influence sur le fait que l’utilisateur va regarder le contenu dans son ensemble.

CX Partners enfonce même le clou en expliquant que moins de contenu au dessus de la ligne de flottaison pousse l’utilisateur à explorer ce qui se trouve en dessous.

Sources
clicktale.com
CX Partners

Placez le contenu important sur la gauche de l’écran

Les langues occidentales ont toutes normé le sens de lecture de la gauche vers la droite, ceci n’est pas sans influence sur la manière d’appréhender la lecture d’une page Web.

Placez le contenu important sur la gauche de l’écran

La conséquence est que la majorité de l’attention des lecteurs d’un site est portée sur la partie gauche de l’écran, c’est du moins ce que montre une étude réalisée par Jakob Nielsen portant sur 20 utilisateurs.

Placer sur le côté gauche le contenu que vous jugez le plus important en terme d’impacte sur vos visiteurs est donc une bonne idée en terme d’utilisabilité.

Source
useit.com

Espacez votre texte : laissez vos visiteurs respirez

On a tous constaté que lire un livre avec un contenu peu espacé entachait sérieusement la motivation à aller au bout d’une lecture (pour s’en convaincre essayez d’ouvrir une collection de la Pléiade sans bailler.)

Laissez vos visiteurs respirez

Il en est de même pour un site Web, où l’internaute aura une nette tendance à quitter votre site si vous ne lui facilitez pas la tâche avec :
- des espaces d’interlignes décents
- une taille de police suffisante
- des sauts à la ligne en fin de paragraphes

Une étude intéressante (basée sur 20 participants) a présenté le même texte avec des marges et des interlignes différents. Les résultats de cette étude ont montré que les textes sans marge étaient lus avec une vitesse accrue mais avec une diminution de la compréhension (ce que vous ne souhaitez certainement pas pour votre site.)

Source
Wichita State University

Comprenez les mouvements oculaires : suivez le modèle en F

Tiré des enseignements du eye-tracking sur 230 participants, Jakob Nielsen (encore lui) a mis en évidence le concept de la forme en F (F-Shapped Pattern) en ergonomie Web. Cette forme en F vient des zones où le regard se pose le plus fréquemment sur une page Web, soient les endroits où votre visiteur va logiquement porter le plus son attention.

Modèle en F

Ce que montre cette forme est que les visiteurs ne lisent pas un site en « Z » comme on pourrait l’imaginer, mais que leurs yeux suivent un cheminement descendant jusqu’à accrocher un élément qu’ils vont suivre de gauche à droite.

Source
useit.com

Rendez votre contenu lisible

Les internautes ne lisent pas vraiment le contenu en ligne et pour la plupart le survolent (oui je sais c’est triste.)

Rendez votre contenu lisible

C’est en tout cas ce que démontre une étude réalisée par Jakob Nielsen (toujours lui), il en conclue qu’en moyenne 28% du texte est lu sur une page Web et que ce pourcentage diminue dramatiquement avec un long texte.

Mâchez donc le travail de vos visiteurs en faisant le maximum pour améliorer la lisibilité de votre contenu. Mettre en valeur les mots clés de votre contenu, utiliser des titres et imager vos propos devrait vous permettre de tenir vos lecteurs en haleine.

Source
useit.com

Posté le par Florian d'Appili dans Ergonomie des sites web Commenter

5 choses à savoir sur les problèmes d’utilisabilité pour ne pas mourir idiot

L’utilisabilité (ou usabilité pour les fans d’anglicisme) est un concept suffisamment nouveau pour être méconnu, mal compris et par conséquent peu mis en pratique. Petit récapitulatif pour vous permettre de frimer dans les diners mondains, surtout si votre voisin de table s’avère être ergonome.

Problèmes d'utilisabilité

Un problème d’utilisabilité n’est pas un bug

L’erreur classique vient de la confusion entre problèmes d’utilisabilité et problèmes de qualité. Pour faire simple, un problème de qualité apparaît lorsque le résultat (en l’occurrence le site Web) diffère de ce qui était initialement prévu (le cahier des charges ou les spécifications).

BugUn bug dans un site Web entraînera bien sûr des problèmes d’utilisabilité, mais sa détection n’est pas l’objectif premier de ces tests. En l’occurrence, les vérifications faites permettront de mesurer si le site Web testé optimise l’expérience utilisateur.

Un problème d’utilisabilité a une carte d’identité

Repérer un problème d’utilisabilité est une étape nécessaire mais non suffisante, il vous faudra identifier sa criticité. Vous devez donc lui affectez un nom, une description et surtout une sévérité.

La sévérité d’un problème d’utilisabilité peut être classifiée au travers d’une notation (par exemple une échelle de 1 à 5) ou voir mieux basée sur des critères- par exemple :
- empêche la finalisation d’une tâche
- entraîne une frustration
- a un effet mineur sur la performance d’une tâche
- est une suggestion

Deux possibilités pour détecter des problèmes d’utilisabilité

L’évaluation heuristique (rien de mieux pour frimer qu’une bonne terminologie opaque) est tout simplement le fait de faire appel à un évaluateur (expert de l’ergonomie Web) qui réalisera un audit de votre site pour vérifier que les bonnes pratiques liées à l’utilisabilité Web sont bien mises en place.

Deux possibilitésLe test utilisateur fera intervenir des personnes, sans connaissance particulière des bonnes pratiques de l’utilisabilité, qui partageront leurs expériences utilisateurs et permettront de déterminer les difficultés que vos visiteurs rencontreront en condition réelle sur votre site.

Le mélange de ces deux méthodes est complémentaire, idéalement un spécialiste en ergonomie vous fera des recommandations sur les bonnes pratiques. Ces bonnes pratiques seront mises en place afin que les tests utilisateurs puissent apporter une vision plus contextuelle aux problèmes d’utilisabilité de votre site.

Différents évaluateurs repèrent des problèmes d’utilisabilité différents

La mauvaise nouvelle du jour : l’utilisabilité n’est pas une science exacte. Il est donc nécessaire de prendre en compte que tout spécialiste en ergonomie Web se basera sur une méthode et une définition de l’utilisabilité qui lui est propre.

L’utilisabilité a donc des caractéristiques subjectives qu’il faut prendre en compte lorsque vous recevrez l’audit de votre site Web. Deux solutions s’offrent à vous pour tempérer l’avis d’un spécialiste : employer plusieurs spécialistes en ergonomie et mettre en place des tests utilisateurs pour vérifier les assomptions faites.

Un faible échantillon de testeurs suffit à détecter la majorité des problèmes d’utilisabilité

EchantillonLa bonne nouvelle du jour : peu de tests utilisateurs permettent de déterminer la majorité des problèmes d’utilisabilité. Merci à ce bon vieux Jakob Nielsen : plus besoin de mobiliser une armée de testeurs pour déterminer les principaux problèmes d’utilisabilité.

Pour une cible démographique donnée, 5 tests utilisateurs devraient vous permettre de déterminer la majorité des problèmes d’utilisabilité de votre site Web.

Posté le par Florian d'Appili dans Expérience utilisateur 5 commentaires

Ergonomie et SEO : les 3 points qui coincent

De plus en plus d’articles sur internet mentionnent les avantages et désavantages de l’ergonomie par rapport au SEO. Cela peut étonner car ces deux sujets n’ont en apparence aucun rapport. L’un concerne la capacité à apparaître sur les moteurs de recherche, et concerne les liens entrants, meta-tags et densité de mots clés alors que l’autre se concentre sur l’utilisateur en cherchant à lui procurer la meilleure expérience Web possible. A priori donc, pas de rapport ou points d’achoppement.

yin-yang

Sauf que certaines recommandations en termes de SEO entraînent une mauvais expérience utilisateur et que certaines décisions ergonomiques bloquent au niveau du SEO. Au passage on peut relever ce paradoxe : le SEO a en grande partie pour objectif de faire gagner en visibilité sur Google alors que l’expérience utilisateur Web est elle-même fortement influencée par les choix de Google (le plus souvent excellents, à l’exception notable de Google Wave) qui deviennent rapidement des standards du Web.

Ci-dessous une description des 3 points points principaux de frottement entre ergonomie et SEO (cet article se focalise sur le « on-site SEO », car les liens entrants n’ont pas d’influence directe sur l’ergonomie)

La densité de mots clés

Pour améliorer son référencement, il est important d’écrire son contenu en gardant en tête le fonctionnement des moteurs de recherche. En s’assurant d’une certaine densité de mots clés préalablement identifiés, on sera automatiquement mieux placé dans les pages de recherche. Le problème c’est qu’en pensant trop aux mots clés et trop peu à l’utilisateur, le contenu devient illisible ou sans intérêt pour les utilisateurs, qui ne sont pas des robots de moteur de recherche.

Les cas extrêmes de ces pratiques sont les sites Web dont le business model est de répondre parfaitement aux requêtes de longue traîne des recherches Google afin d’afficher des liens rémunérés. Ces entreprises se focalisent sur les recherches rares de Google puis rédigent des articles contenant exactement les mots clés recherchés. Même pour des recherches rares, cela apporte un flux de visiteurs qui iront sur leurs sites et cliqueront sur leurs annonces publicitaires.

Un des leader dans ce domaine est Demand Media qui nous fournit des « perles » d’expérience utilisateur, tels que les fermes d’élévage de contenu que sont ehow.comexaminer.com ou encore mahalo.com. Cela donne des articles de « qualité », tel que cet « intéressant » guide en 8 étapes pour choisir un maillot de bain.

Le choix n’est cependant pas dichotomique: opter pour un contenu intéressant en se focalisant sur des mots clés préalablement choisis reste la meilleure solution pour améliorer votre SEO sur la durée en poussant vos utilisateurs à revenir sur votre site et en favorisant la création de liens externes pointant sur votre site.

Les URL

Une des recommandations pincipale du SEO est de placer ses mots clés dans l’URL, voir dans le nom de domaine. Dans ces deux cas, cela à un impact néfaste sur l’expérience utilisateur. Jakob Nielsen dans son article URL as UI explique que les URL qui fonctionnent le mieux en terme d’expérience utilisateur sont les URL courts et facile à se rappeler. Difficile en ce cas là de placer tous les mots clés souhaités dans l’url.

Jacob Nielsen

Le blog de Visual Website Optimizer est d’ailleurs pris en flagrant délit : visualwebsiteoptimizer.com/split-testing-blog. Pas moins de 6 mots clés dans l’URL de la page d’accueil du blog : tout simplement impossible de s’en rappeler ! A contrario, on peut citer le blog de Airbnb : blog.airbnb.com.

Il faut bien cependant prendre en compte que l’impact des URL sur l’expérience utilisateur s’estompe au fur et à mesure que les barres de recherche des navigateurs Web deviennent plus performantes. En l’occurence, en tapant simplement « visual blog » dans mon Google Chrome, le blog de Visual Website Optimizer est le premier résultat à s’afficher.

Ajax

Les technologies Ajax inventées (on a tendance à l’oublier) pour IE6 ont été un des plus grand pas en avant dans l’expérience utilisateur. Leur premier avatar a été Gmail, puis Google Maps, puis tous les géants du Web ont emboîté le pas de Google jusqu’à ce qu’aujourd’hui les technologies Ajax deviennent extrêmement répandus. Ces technologies permettent une plus grande rapidité et une expérience utilisateur beaucoup plus proche des applications desktop.

Le problème, en terme de SEO, c’est que les robots des moteurs de recherche n’exécutent pas le javascript. Cela fait que tout le contenu qui apparait suite à des actions Ajax est invisible pour les moteurs de recherche. Résultat : du contenu risque de ne pas être affiché sur la page de recherche de Google, même s’il correspondent exactement aux termes recherchés par l’utilisateur.

Ajax

Prenons l’exemple pertinent du site de vente de voiture en ligne Aramis Auto. Ce site repose sur un moteur de recherche utilisant des critères permettant de préciser les options, couleurs, prix et de n’afficher que les véhicules qui correspondent à toutes les options : avec Ajax. Pour accélérer le rendu, tout les calculs sont faits en Ajax. En conséquence, la plupart des fiches véhicules ne sont pas visibles par les moteurs de recherche. Dommage pour un site de vente en ligne : cela revenant à cacher la vitrine d’un commerçant.

La solution mise en place par Aramis Auto a été de créer un second moteur de recherche, simplifié, qui affichera tout le contenu à destination des moteurs de recherche : sans Ajax. L’expérience utilisateur est fortement dégradé, mais c’est avec un faible impact car ce moteur de recherche est relativement caché (un lien dans le footer). La plupart des utilisateurs sont d’une manière ou d’une autre redirigé vers le moteur de recherche principal. Cette solution contient donc les avantages des deux approches avec néanmoins des coûts de développement supplémentaires.

En conclusion

Lorsque le choix est à faire entre ergonomie et SEO, c’est bien le retour sur investissement qu’il faut avoir en tête.

Sources:
Pinsonnault Creative
Search Engine Guide

Posté le par Yannick d'Appili dans Ergonomie des sites web Commenter

Quel est le retour sur investissement des tests d’utilisabilité ?

La question à se poser en commençant une série de test d’ergonomie: « Qu’est ce que je veux en retirer ? ». La réponse est différente pour tous :

  •  » Je veux augmenter mon taux de conversion  » – site e-commerce
  •  » Je veux augmenter l’engagement des utilisateurs  » – réseau social
  •  » Je veux que les utilisateurs utilisent cette fonctionnalité  » – site à but marketing
  •  » Je veux que les utilisateurs soient plus rapides et plus efficaces  » – application métier
  •  » Je veux réduire le nombre d’appels au suppor t » – application en mode Saas

Retour sur Investissement
Les tests d’utilisabilité ont un très bon retour sur investissement, car ils sont relativement peu chers. Il faut très peu de tests pour obtenir un meilleur taux de conversion, car les point les plus bloquants sont les plus facilement détectés. En d’autre termes, les résultats les plus évidents qui seront retirés des test d’ergonomie seront aussi les plus utiles.

Vous pouvez multiplier votre budget de publicité pour augmenter votre nombre d’utilisateurs, ou vous pouvez faire des tests avec trois utilisateurs et retirer tous les principaux obstacles dans l’entonnoir de conversion. Dans le premier cas, cela peut se chiffrer en dizaines de milliers d’euros. Dans le second cas, cela peut ne couter que quelques centaines d’euros.

Cycle de Vie des Tests Utilisateurs

Mesurer le retour sur investissement peut bien sûr être compliqué. Les tests utilisateurs sont idéalement faits très tôt, car cela réduit les coûts de rework. Pour un site web, faire les tests avant la mise en production est bien plus bénéfique car cela garantit une meilleure expérience pour les premiers utilisateurs. Dans ces cas de tests en amont, il n’y a pas de données existantes pour comparer les résultats, ce qui signifie que quantifier les gains est très difficile. Cela ne veut pas dire que ces tests sont inutiles, juste que leur intérêt n’est pas évident à mesurer.

Dans les cas ou il est possible de les mesurer cependant, les résultats sont impressionnants. Dans des cas extrêmes, Jakob Nielsen a noté une augmentation de plus de 1000% des métriques considérées. Dans les cas non extrêmes, une augmentation de 100% est considéree comme  » normale « .

Posté le par Yannick d'Appili dans Tests utilisateurs Commenter